dimanche 8 février 2009

Saint-Valentin

J'ai toujours détesté être obligé de faire quelque chose. Certaines fêtes sont un casse-tête, car nous devons créer sous pression, par exemple à la fête des mères et à la fête des pères, les enfants doivent faire une carte ou un cadeau pour leur parent. Comme je n'aime pas refaire toutes les mêmes activités année après année, je tente de trouver de nouvelles idées, mais ce n'est pas toujours simple.

La Saint-Valentin est aussi une fête où il faut trouver une bonne idée. Difficulté supplémentaire, je ne veux pas que ce soit trop quétaine. Les coeurs en papier déchiré, ce n'est pas pour moi. Si ce billet peut aider certaines personnes qui sont dans la même position que moi, eh bien, tant mieux!

Cette année, nous avons comme thème le proverbe "Avoir le coeur sur la main". Voici ce que j'ai fait faire aux élèves:


L'activité a été faite avec une classe multiâge de 3e-4e année lors d'une période de 60 minutes. Tout d'abord, les élèves doivent penser à une bonne action à faire la semaine précédent la Saint-Valentin. Un élève a écrit "Aider ma mère à attacher ses bottes". Il m'a expliqué que sa mère est enceinte et que c'est difficile pour elle de se pencher. Il l'aidera. Mignon, n'est-ce pas? Ensuite, ils doivent écrire leur bonne action dans le coeur et faire des décoration sur ce coeur, avec de la gouache. J'ai pris une photo de coeur sur leur main. Pour bien voir les inscriptions, on mettait le coeur dans une loupe. Si c'était à recommencer et avoir plus de temps (je suis dans leur classe une journée par semaine, donc une deuxième étape ne pouvait pas se faire), je leur ferais ajouter plus de touche personnelle, mais je suis tout de même fière du résultat.

Il y a deux ou trois ans, j'avais fait une activité ayant pour thème: "Main dans la main, tous unit pour la Saint-Valentin" avec une classe de quatrième année. Les élèves devaient faire le portrait d'un autre élève dans la classe, avec pastel gras, en respectant de placer les mains aux bordures, où j'avais fait un petit trait. Voici ce que cela a donné:





Bonne Saint-Valentin!

mercredi 24 décembre 2008

Alléluia, le temps des fêtes

Un message par mois, c’est bien peu et c’est beaucoup à la fois.

Et pourquoi?

J’ai terminé mon premier cours de maîtrise recherche : concepts fondamentaux en éducation. Je ne sais pas si ce cours changera ma façon d’enseigner, mais il m’a permis d’être dans la peau d’un élève à nouveau. La plus grande surprise que j’ai eue a été de voir comment un cours à la maîtrise est plus poussé qu’un cours au baccalauréat. J’avais déjà vu les différentes théories de l’éducation, mais jamais tant en profondeur. Je vais avouer qu’au début, je me sentais un peu perdue : le professeur employait un langage inconnu (non, épistémologie et paradigme ne faisaient pas parti de mon langage courant), je n’étais pas certaine d’être à ma place (définitivement la plus jeune, avec peu d’expérience parmi des gens à la maîtrise et au doctorat). Paraît-il que c’était le cours le plus difficile de la maîtrise. Je croise les doigts pour que ce soit le cas. Mes notes sont bonnes, même meilleures qu’au baccalauréat. Je peux maintenant dire que je suis fière de moi.

Ensuite, j’ai toujours mon contrat un peu fou : une classe de deuxième année (une semaine sur deux), une classe de sixième année (une semaine sur deux), une classe de troisième année, une classe multi-âge de premier cycle et deux classes multi-âge deuxième cycle, cela dans deux écoles différentes, dont une école alternative. En terme de comportement, les classes que j’ai cette année sont beaucoup plus difficiles et je sens les enfants moins attachés, même si je sais que je suis bien appréciée. Pour vous donner une idée, il y a un élève dans une des classes qui lance des ciseaux et des chaises en classe. L’art de gâcher une ambiance de classe. C’est dommage de ne pas avoir le temps d’écrire, parce qu’il y aurait beaucoup à dire sur les classes multi-âge et sur l’école alternative. Dans les deux cas, ce sont d’agréables surprises. J’apprends à me dépasser en enseignant des choses différentes en petits regroupements. Je tenterai d’en faire quelques billets pendant le temps des fêtes.

Pour terminer en beauté, je suis dans le comité du conseil des élèves d’une école où je suis. Il faut être très motivé pour faire parti de ce comité. Nous nous sommes occupés du courrier de Noël (environ 1h à chaque jour, en plus d’un 5h à la préparation), de denrées non périssables (1h), d’une collation spéciale de Noël (3h) payée par un calendrier (10h) en plus de différentes rencontres avec le conseil et la direction. Je ne vous raconte pas tout le trouble que ça a donné! Ça aussi, ça mériterait un billet prochainement. Avez-vous déjà acheté de la nourriture pour 500 élèves? C’est une drôle de gestion!

Maintenant, comment je profite des vacances? Je suis très motivée par mon nouveau projet! Je fabrique des jeux éducatifs pour l’école. Folle.. oui, je sais! Avoir du temps pour le faire, c’est quand même un beau cadeau de Noël. Mais oui, je tenterai de me reposer à travers tout ça, afin de me rendre à bon port pour la semaine de relâche!

dimanche 9 novembre 2008

Combinaison secrète

Dernièrement, avec ma classe multiâge du deuxième cycle, nous avons débuté un nouveau projet en science qui s’appelle Dépourvu de la vue. En résumé, les enfants doivent construire un système d’écriture qui permet de lire sans voir. (Voici le guide d’enseignement et le guide de l’élève que j’ai modifié).

Une équipe a décidé d’utiliser des punaises dans du carton, en utilisant ces punaises pour former les lettres de l’alphabet. Les punaises sont rangées dans un contenant en plastique pour le congélateur, vous savez, le genre de contenant où on peut indiquer à l’aide d’une roulette à quel mois de l’année nous l’avons mis dans le congélateur.

Le garçon voulant ouvrir le plat vient me voir et me demande d’un air sérieux: « Est-ce qu’il faut un code secret pour ouvrir le plat? ». Je lui réponds, d’une façon tout aussi sérieuse : « Oui. Je vais te donner le code! Tu dois faire le A, le J, le M et l’autre J ». Avec beaucoup de minutie et la supervision d’autres élèves, il tourne la roulette doucement en suivant mes indications. Après avoir enligné la flèche avec le dernier J, il ouvre le contenant en disant : « Ah ok! Merci ».

Je vais avouer qu’à ce moment, je n’ai pas pu m’empêcher de rire en lui expliquant pourquoi je riais! Quelle belle naïveté! C’est une des raisons pourquoi j’aime l’enseignement.

mercredi 1 octobre 2008

Évacuer! Évacuer!

Dernièrement, nous avons eu droit à notre pratique d’incendie à l’école, comme certainement dans plusieurs écoles (comme celle-ci aussi). On nous avait prévenu que nous y aurions droit dans la semaine, sans savoir exactement quand cela aurait lieu.

Par les années passées, j’ai été assez chanceuse. La première année, mes élèves étaient avec un spécialiste. La deuxième année, cela s’est passé à l’heure de la récréation. Cette année, j’y ai goûté à fond!

La journée s’était débutée de façon étrange et désorganisée. J’avais réservé le local informatique, qui est dans le même local que la bibliothèque. J’avais vérifié les horaires parce que je fais un décloisonnement en utilisant le laboratoire informatique. Comme il n’y a pas assez d’ordinateur pour chaque élève et comme j’enseigne l’univers social à des élèves de troisième année et de quatrième année dans la même classe, je fais faire un travail à l’ordi aux élèves de troisième année pendant que j’enseigne, du côté de la bibliothèque, l’univers social aux élèves de quatrième année. Ensuite, je fais l’inverse.

Comme tout n’est jamais simple lorsqu’on parle de local informatique et de bibliothèque, arrivés sur place, je vois que le local de bibliothèque était déjà pris. Pourtant, le local ne devait pas être occupé avant le mois de janvier. Je me dis que c’est mon erreur, je n’ai pas vérifié auprès de l’enseignante, alors nous retournons en classe.

Les élèves sont désappointés, mais ils comprennent la situation. Un peu plus tard dans la journée, je vérifie que le local est disponible. Il l’est! Alors nous reprenons nos choses et allons au local informatique. Les élèves s’installent calmement. J’avais préparé un rallye informatique sur les embarcations amérindiennes. Je commence à enseigner ma matière et mon élève responsable du coin informatique vient me voir et me dit : « Madame Catherine, le site Internet ne fonctionne pas ». Après vérification… C’est vrai… Pourtant, la semaine précédente, ça fonctionnait!

Alors je me dis que c’est foutu… Une journée perte de temps. Les enfants sont doublement déçus. Pour le temps qu’il reste (une trentaine de minutes) et tant qu’à avoir foutu la journée en l’air, je dis aux élèves qu’ils peuvent aller jouer à des jeux. Vraiment pas éducatif comme période, mais je l’assume… pour cette fois-ci!
Et c’est là que ce qui devait arriver arriva. L’alarme sonna. Dans le local informatique, il n’y a pas la liste des élèves, ni les affiches pour dire si notre groupe est complet ou non. Heureusement, notre local est tout près, alors je les prends au passage. Cela s’est bien déroulé. Dans mon cas, les élèves n’ont rien manqué et ne se sont pas désorganisés plus qu’ils ne l’étaient… Alors j’imagine que c’est un moindre mal!

samedi 20 septembre 2008

Mon contrat d’enfer

Enfer n’était pas nécessairement un mot négatif. Ma vie est un feu roulant d’activités par les temps qui courent. Je pourrais compter le nombre de soirs où j’étais à la maison sur les plus grands doigts de ma main.

Chaque année apporte un défi nouveau. Dans mon cas, j’apprendrai cette année à travailler avec d’autres gens dans la classe, tout en gagnant de la confiance. J’adore travailler en duo avec d’autres enseignants, mais les autres intervenants de l’école me mettent plutôt mal à l’aise. Je travaillerai cette année avec deux T.E.S. et plusieurs parents du côté de l’alternatif. En ce début d’année, où ma place n’est pas faite réellement dans plusieurs classes, ce n’est pas si simple que ça que d’être assurée de ce que je fais, sans réellement connaître la dynamique de la classe. Surtout que je n’ai pas des classes si faciles que ça! Mais je me trouve bonne! J’accueille les parents, j’apprends à accepter que tout n’est pas parfait pour l’instant… Qu’importe ce que les gens en pensent présentement…

J’apprécie déjà certaines classes plus que d’autres. Par expérience, je sais que cela risque de changer pendant l’année, mais de me sentir déjà à l’aise avec certains groupes, c’est un bon départ! Dans mon cas, mon début d’année risque d’être plus long… Un mois de septembre pour une enseignante avec sa classe peut compter une vingtaine de jours. Dans mon cas, à raison d’une journée par semaine, mon début d’année s’étire un peu plus longtemps!

Le plus difficile présentement? Une classe de sixième année en français intensif (5 mois) où j’y suis une fois par deux semaines et où je dois évaluer l’univers social et les arts plastiques. Je suis plutôt comme une suppléante, mais je dois les évaluer. Je verrai ces élèves seulement 8 fois dans l’année. Nous avons un charmant livre à remplir en univers social… Disons que ce n’est pas ce qu’il y a de plus amusant… Heureusement qu’il y a des arts plastiques!

Mon plus grand bonheur présentement? Travailler avec de jeunes enseignantes motivées qui m’incluent dans ce qu’elles font. C’est agréable de se sentir enseignante et non simplement remplaçante.

dimanche 7 septembre 2008

Le blues d'la métropole

J’ai toujours eu le blues du dimanche. Depuis que je suis jeune, j’ai le mal du dimanche. Pourtant, je suis une personne qui a toujours apprécié l’école ou aimé mon travail. Peut-être est-ce mon côté un peu plus insécure qui me fait me tourmenter!

Après deux semaines de travail, j’ai simplement hâte de me sentir « chez moi » à l’école. En fait, je devrais dire dans mes écoles. J’ai hâte que la routine s’installe. Cette bonne vieille routine réconfortante. Pour moi, la routine n’est pas nécessairement synonyme de carcan. Ne dit-on pas que la routine est importante pour les enfants, voire même nécessaire? Il faut croire que je n’ai pas vieillie, car j’en ai toujours besoin!

Nouvelles écoles, nouvelles directions, nouveaux collègues, nouveaux élèves (je ne les ai pas compté, mais je dois en avoir plus d’une centaine), nouvelles façons de faire, nouveaux horaires.

Malgré une tâche assez impressionnante, je me considère chanceuse d’être où je suis. Les enseignantes que je « remplace » sont sympathiques et compréhensives. Après le partage des matières, je réussis à enseigner les sciences dans quatre groupes du même cycle et éthique et culture religieuse à trois groupes du même cycle. Je vais vraiment être experte en la matière!

N’empêche que je comprends pourquoi, après cinq ans, 20% des nouveaux enseignantes ont abandonné le métier. Qui choisi vraiment ce genre de tâche? Oui, j’aurai acquis beaucoup d’expérience à différents niveaux, mais à quel prix? N’y serais-je pas parvenue autrement?

Au dodo! Lundi arrive bientôt! Je rencontre un nouveau groupe, alors mieux vaut être en pleine forme!

Ai-je déjà dit que j’ai le blues du dimanche? :)

mardi 2 septembre 2008

Entendu dans une école près de chez vous...

Dans une classe de troisième année:

- Vous connaissez monsieur (insérez ici un nom de famille propre à celui d'un directeur). Qu'est-ce qu'il fait à l'école?

Un élève de répondre:
- Il est le président?