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mercredi 24 décembre 2008

Alléluia, le temps des fêtes

Un message par mois, c’est bien peu et c’est beaucoup à la fois.

Et pourquoi?

J’ai terminé mon premier cours de maîtrise recherche : concepts fondamentaux en éducation. Je ne sais pas si ce cours changera ma façon d’enseigner, mais il m’a permis d’être dans la peau d’un élève à nouveau. La plus grande surprise que j’ai eue a été de voir comment un cours à la maîtrise est plus poussé qu’un cours au baccalauréat. J’avais déjà vu les différentes théories de l’éducation, mais jamais tant en profondeur. Je vais avouer qu’au début, je me sentais un peu perdue : le professeur employait un langage inconnu (non, épistémologie et paradigme ne faisaient pas parti de mon langage courant), je n’étais pas certaine d’être à ma place (définitivement la plus jeune, avec peu d’expérience parmi des gens à la maîtrise et au doctorat). Paraît-il que c’était le cours le plus difficile de la maîtrise. Je croise les doigts pour que ce soit le cas. Mes notes sont bonnes, même meilleures qu’au baccalauréat. Je peux maintenant dire que je suis fière de moi.

Ensuite, j’ai toujours mon contrat un peu fou : une classe de deuxième année (une semaine sur deux), une classe de sixième année (une semaine sur deux), une classe de troisième année, une classe multi-âge de premier cycle et deux classes multi-âge deuxième cycle, cela dans deux écoles différentes, dont une école alternative. En terme de comportement, les classes que j’ai cette année sont beaucoup plus difficiles et je sens les enfants moins attachés, même si je sais que je suis bien appréciée. Pour vous donner une idée, il y a un élève dans une des classes qui lance des ciseaux et des chaises en classe. L’art de gâcher une ambiance de classe. C’est dommage de ne pas avoir le temps d’écrire, parce qu’il y aurait beaucoup à dire sur les classes multi-âge et sur l’école alternative. Dans les deux cas, ce sont d’agréables surprises. J’apprends à me dépasser en enseignant des choses différentes en petits regroupements. Je tenterai d’en faire quelques billets pendant le temps des fêtes.

Pour terminer en beauté, je suis dans le comité du conseil des élèves d’une école où je suis. Il faut être très motivé pour faire parti de ce comité. Nous nous sommes occupés du courrier de Noël (environ 1h à chaque jour, en plus d’un 5h à la préparation), de denrées non périssables (1h), d’une collation spéciale de Noël (3h) payée par un calendrier (10h) en plus de différentes rencontres avec le conseil et la direction. Je ne vous raconte pas tout le trouble que ça a donné! Ça aussi, ça mériterait un billet prochainement. Avez-vous déjà acheté de la nourriture pour 500 élèves? C’est une drôle de gestion!

Maintenant, comment je profite des vacances? Je suis très motivée par mon nouveau projet! Je fabrique des jeux éducatifs pour l’école. Folle.. oui, je sais! Avoir du temps pour le faire, c’est quand même un beau cadeau de Noël. Mais oui, je tenterai de me reposer à travers tout ça, afin de me rendre à bon port pour la semaine de relâche!

samedi 20 septembre 2008

Mon contrat d’enfer

Enfer n’était pas nécessairement un mot négatif. Ma vie est un feu roulant d’activités par les temps qui courent. Je pourrais compter le nombre de soirs où j’étais à la maison sur les plus grands doigts de ma main.

Chaque année apporte un défi nouveau. Dans mon cas, j’apprendrai cette année à travailler avec d’autres gens dans la classe, tout en gagnant de la confiance. J’adore travailler en duo avec d’autres enseignants, mais les autres intervenants de l’école me mettent plutôt mal à l’aise. Je travaillerai cette année avec deux T.E.S. et plusieurs parents du côté de l’alternatif. En ce début d’année, où ma place n’est pas faite réellement dans plusieurs classes, ce n’est pas si simple que ça que d’être assurée de ce que je fais, sans réellement connaître la dynamique de la classe. Surtout que je n’ai pas des classes si faciles que ça! Mais je me trouve bonne! J’accueille les parents, j’apprends à accepter que tout n’est pas parfait pour l’instant… Qu’importe ce que les gens en pensent présentement…

J’apprécie déjà certaines classes plus que d’autres. Par expérience, je sais que cela risque de changer pendant l’année, mais de me sentir déjà à l’aise avec certains groupes, c’est un bon départ! Dans mon cas, mon début d’année risque d’être plus long… Un mois de septembre pour une enseignante avec sa classe peut compter une vingtaine de jours. Dans mon cas, à raison d’une journée par semaine, mon début d’année s’étire un peu plus longtemps!

Le plus difficile présentement? Une classe de sixième année en français intensif (5 mois) où j’y suis une fois par deux semaines et où je dois évaluer l’univers social et les arts plastiques. Je suis plutôt comme une suppléante, mais je dois les évaluer. Je verrai ces élèves seulement 8 fois dans l’année. Nous avons un charmant livre à remplir en univers social… Disons que ce n’est pas ce qu’il y a de plus amusant… Heureusement qu’il y a des arts plastiques!

Mon plus grand bonheur présentement? Travailler avec de jeunes enseignantes motivées qui m’incluent dans ce qu’elles font. C’est agréable de se sentir enseignante et non simplement remplaçante.

mercredi 9 juillet 2008

Contrat d’engagement (1910)

Le temps des vacances, c’est aussi le temps pour faire le ménage dans mes classeurs! J’ai retrouvé un document concernant un contrat d’engagement que devait signer les enseignantes en 1910 pour pouvoir enseigner. J’avais reçu ce document à l’Université et je l’avais conservé parce qu’il m’avait vraiment frappé à l’époque. Par curiosité, j'ai fouillé sur Internet pour savoir si mon document était véridicte. J'ai retrouvé le tout ici, ici et ici.

Voici donc les règles et les devoirs des enseignantes :

1. Ne doit pas être mariée.
Comme le mariage est de moins en moins populaire… ça pourrait encore s’appliquer!

2. Ne jamais se tenir en compagnie d'hommes.
Ce n’est pas toujours évident que de travailler dans un milieu de femmes, si en plus elles ne peuvent voir aucun homme…. Ça ne sera pas beau tantôt!

3. Toujours être à la maison entre 8 heures du soir et 6 heures du matin, à moins d'être en train de travailler à l'école.
Encore et toujours travailler à l’école.

4. Ne pas se tenir dans ou près du restaurant du village.
Je serais curieuse de connaître la distance acceptable entre l’enseignante et le restaurant. Ça se calcule comment? En centimètre? En mètre?

5. Ne jamais quitter le village sans la permission des commissaires.
Pire que ses propres parents.

6. Ne pas fumer.
Devant les élèves.

7. Ne doit pas boire de vin, de whisky ou de bière.
Un atout. Sinon, vodka sans problème.

8. Ne jamais aller en carriole avec un autre homme que son père ou son frère.
Les chances de faire un tour de carriole sont assez minces de toute façon… Si je vais faire un tour dans le Vieux-Montréal ou le Vieux-Québec, promis, je les appelle avant.

9. Ne doit pas porter des couleurs voyantes.
C’est vraiment la règle qui me fait le plus rire. Il ne faudrait certainement pas sortir de la masse.

10. Ne doit pas faire des "arrangements" avec ses cheveux.
Préférence pour les enseignantes laides.

11. Doit porter au moins deux vêtements supérieurs, dont un châle.
Pierre Pagé a oublié son châle!

12. Aucune robe ne devra être plus de 2 pouces au-dessus de la cheville.
D’accord!


13. L'école devra toujours être propre et accueillante:

A) Balayer le plancher de la classe tous les jours.

B) Laver le plancher de la classe au moins une fois la semaine à l'eau chaude et savonneuse.

C) Nettoyer le tableau au moins une fois par jour.

D) Allumer le feu dans la fournaise à 7 heures A.M.afin que la classe soit réchauffée à l'arrivée des élèves vers 8 heures.

Même les concierges n’y arrivent pas toujours…

Extrait: « L'Unisson » Journal inter-paroissial: Connors, Saint-François & Clair, Vol # 2, Édition # 4


Et quelles seraient les règles en 2008?