jeudi 3 juillet 2008
Bilan de fin d'année
Ma fin d'année avec les élèves s'est déroulée correctement. J'ai créé ma deuxième activité d'arts plastiques (en fait, c'est un peu plus du coloriage que de l'art.. mais bon). Une activité bien appréciée par ma classe de sixième année. Je vous en parlerai prochainement. (Parenthèse, un très bon billet d'Élise Titane concernant les activités de fin d'année).
Non, ce qui m'a mis la larme à l'oeil, c'est les gens avec qui je travaillais; c'est l'école où j'étais. Cette école, j'y étais trois jours par semaine. Je connaissais un peu certaines personnes car j'y avais fait mon quatrième stage. Par contre, je n'ai pas peur de le dire, je ne suis vraiment pas la même personne depuis mes stages terminées. Je me souviens d'une fille très intravertie à cette époque. Entre temps, je me suis épanouie, j'ai pris confiance en moi.
Je savais déjà que j'avais changé, mais je voulais mieux me faire connaître. C'est pourquoi j'ai décidé, dès septembre, de faire parti du comité social. Au départ, nous étions trois à ce comité. En décembre, un enseignant a quitté pour prendre une demi-année de congé. Ensuite, la deuxième enseignante a quitté car son contrat se terminait avant la fin de l'année. J'ai donc été la seule dirigeante de ce comité à un moment donné. À la blague, lorsque je voulais organiser une activité spéciale, je disais à mon copain: "Il faudrait bien que j'en parle au comité social". Minute de silence. "Ah oui, ils sont d'accord". Faire parti de ce comité m'a mis constamment en relation avec les autres enseignants, ce qui a aidé à me faire connaître.
Dans la dernière semaine d'école, je me suis tellement senti appréciée. L'ancien directeur de l'école (car il va dans une nouvelle école), m'a présenté au nouveau directeur (devant tous les enseignants), comme étant une enseignante qu'on apprécie avoir dans son école, qu'on souhaite l'avoir de nouveau l'année prochaine, qu'on lui souhaite même sa classe dans son école. Ceci dit avec un oui retentissant de la part des profs. On m'a dit de beaux compliments. On a demandé à ce que je redonne de mes nouvelles.
C'est donc le coeur gros que j'ai quitté l'école la semaine dernière. C'est triste de quitter lorsqu'on aime et qu'on est aimé.
vendredi 11 avril 2008
Bibliothèque en folie
Aujourd’hui, je reprenais (graduellement) le contrôle d’une de mes classes, c’est-à-dire qu’une enseignante avait pris une stagiaire, ce qui fait que j’étais mise dehors de la classe (Onnnn). Sans être ironique, ça m’a vraiment permis de planifier (dans ma tête) ce que j’allais faire pour le reste de l’année dans cette classe de sixième année.
Après avoir fait une activité d’art plastique (activité réussie, je vous en parlerai prochainement), j’ai ramassé les pinceaux, contenants, crayons et trucs du genre. La stagiaire avait repris en charge le groupe et comme il n’y a pas de lavabo dans la classe, je nettoyais le tout à l’extérieur de la classe. C’est la dernière période le vendredi, les élèves qui veulent aller se chercher un livre de bibliothèque peuvent le faire à cette période.
En plein nettoyage, j’entends qu’une élève dit ceci à sa compagne: « Non, je n’ai pas besoin de livre, mais j’vais y aller quand même ». Lire ici : « J’ai le goût de me pogner l’beigne et de perdre mon temps, donc je vais aller à la bibliothèque même si je ne prendrai aucun livre ». Les deux élèves ne savent pas que je les ai entendues et je ne sais pas exactement qui tenait ce discours. Je décide donc d’attendre le retour des élèves et de voir qui n’avait pas de livre. N’empêche que ce sont des amateurs.. Si elles avaient pris un livre, je n’aurais pas pu les accuser…
Je vois Fille simili-modèle (ça sonne un peu simili-jambon.. j’aime ça) revenir sans livre, mais je ne savais pas qu’elle était allée à la bibliothèque, alors je l’épargne de mon interrogatoire. Je vois Petite bum par la suite, qui n’a pas de livre en main. Je l’appelle donc et lui teint à peu près ce langage :
- Petite bum, tu reviens de la bibliothèque?
- Oui
- Tu n’as pas de livre en main?
- Ben.. euh.. mm.. euh (sentez-vous le malaise comme je le sentais?). Non.. en fait.. le livre que je voulais.. il n’était pas à la bibliothèque…
- Tu sais, s’il y a quelque chose que je déteste, c’est de me faire mentir en pleine face comme tu le fais présentement… J’ai tout entendu ce que vous disiez tantôt… Quand vous disiez aller à la bibliothèque sans prendre de livre…
- Silence en duo avec des yeux baissés.
Est-ce que ça vous arrive parfois de vous dire mentalement « J’t’ai cassé! ». C’est vraiment l’impression que ça me donnait!
- Ce n’est pas moi qui a dit ça, c’est Fille simili-modèle.
Je prends donc Fille simili-modèle à part.
- Alors, tu reviens de la bibliothèque sans livre?
- Non, celui que je voulais n’était pas à la bibliothèque.
- Petite bum m’a dit la même chose.. et j’ai tout entendu.. Petite bum m’a dit que c’était toi qui disait se rendre à la bibliothèque pour perdre votre temps. Tu sais, je pouvais te faire confiance avant. Maintenant, j’ai des doutes. Les semaines qui vont suivre vont me dire si j’avais raison ou non de te dire ceci.
L’intervention est correcte. Ce n’est pas un « J’t’ai cassé! », mais ça passe. Ce qui ne passait pas, c’est les yeux qui tuent. Ses yeux me disaient : « Si tu savais comment j’m’en fou ».. C’est alors que je me suis inquiétée pour elle… Elle n’est pas parfaite, on ne lui demande pas de l’être, mais ça ne lui ressemble pas tout ça… Peut-être l'ai-je accusé à tord, mais ses yeux n'étaient pas remplis simplement de ça...